Dans notre édition du 04 mars 2010

Fête débridée et enfer du jeu à l’enseigne de Brandon’s Vegas
Les Brandons de Moudon sont réputés pour inviter le top des guggens.

MOUDON Trois jours non-stop de fiesta, c’est en résumé l’essentiel du programme des Brandons de Moudon, qui débute ce soir déjà. Mais ce raccourci est un peu court. En effet, les organisateurs mettent sur pied concours, cortèges et, surtout, nombre de concerts des fameuses Guggenmusik qui rejoignent la cité médiévale le temps d’un week-end. Ces dernières sont d’ailleurs d’un niveau tel, que même les amateurs éclairés de musique s’y retrouvent et accourent. Cette année, le thème choisi est le jeu et comme les Broyards savent déjà s’amuser sans céder au démon du jeu, l’addition promet!

Programme et détails dans notre édition de la semaine

Danièle Pittet


12,5 millions pour dompter l’Arbogne
L’Arbogne est encore sortie de son lit en 2006, provoquant des dégâts.

PROJET Un canal de dérivation sera appelé à absorber les crues de cette rivière impétueuse. Il traversera la localité avant de rejoindre la Broye. Le début des travaux est prévu dès les délais légaux passés et le canal devrait être prêt mi-2012.

Le projet est d’envergure, et le problème aussi… En cas de violent orage ou de fortes pluies, l’Arbogne est tout à fait capable de sortir de son lit et de provoquer désagréments et dégâts à Corcelles. Pour dompter la belle et parer à ses coups de folies, la création d’un canal de dérivation des hautes eaux va être soumise à l’enquête publique en ce mois de mars. Devisé à 12,5 millions de francs, il sera financé à raison de 10,5 millions de francs par le canton de Vaud et 2,5 millions par le canton de Fribourg.
2001, 2004, 2006, 2007… Par trois fois déjà en ce début de siècle, l’Arbogne a joué aux mauvaises filles au cœur de Corcelles. Les instances cantonales et plus particulièrement le Service des eaux, sols et assainissement, division économie hydraulique, s’est donc penché sur le problème et la solution retenue est la création d’un canal de dérivation des hautes eaux. Il partira de l’Arbogne en amont du village, le contournera par le nord et rejoindra la Broye après un passage en plaine.
A l’heure actuelle, le lit de l’Arbogne dans la traversée de Corcelles ne peut écouler qu’un débit maximum de 25 m³/seconde. Lors d’une crue centennale, on estime que le débit peut atteindre 42 m³/s. Les intempéries de 2001 et 2006 ont déjà provoqué un débit de 27 à 30 m³/s prouvant, si nécessaire, qu’un événement majeur comme une crue centennale pourrait se révéler catastrophique. Le danger est patent et les autorités de Corcelles ont demandé à plusieurs reprises que l’on agisse. Cela devrait être chose faite d’ici août 2012, date prévue de la mise en eau de ce canal de dérivation propre à absorber un débit de 20 m³/s et long de 6,2 km.

Déjà à l’esprit
La nécessité d’entreprendre quelque chose était d’ailleurs déjà à la base des réflexions lors de travaux réalisés par le Syndicat d’améliorations foncières de Corcelles-près-Payerne; une partie du canal Morandi a déjà été mise au gabarit hydraulique et il a aussi été raccordé au canal des Sésines.
Pour procéder aux travaux, une entreprise de correction fluviale est constituée, c’est le pendant «mouillé» d’un syndicat d’aménagement. Le projet est soumis à l’enquête publique en deux lots, soit la traversée de Corcelles, qui sera enterrée, et la plaine, qui verra le canal emprunter les canaux existant de l’Eparse, Morandi et des Sésines, en augmentant leur gabarit.
En partant de l’exutoire du canal dans la Broye, on peut relever que le canal des Sésines sera élargi, que sa berge sera rehaussée. Il est aussi prévu d’y créer des seuils antimigration pour le poisson. Notons encore qu’une alimentation du fossé de la vieille Broye sera encore réalisée depuis les Sésines.
Du côté de l’Eparse, l’ancien fossé sera comblé et le canal existant mis au profil, mais son axe sera décalé afin de conserver la rive gauche en son état actuel. Notons aussi ici une prise d’eau afin d’alimenter la zone humide des Prés de Rosex. Un soin tout particulier a été apporté au projet afin de lui assurer, en plaine, une réelle synergie avec la nature. Même si le tracé des différents tronçons est rectiligne, l’aménagement du lit des canaux sera, autant que faire se peut, aménagé avec des sinuosités propres à permettre un développement optimal de la biodiversité.

Invisible
Pour ce qui est de la traversée de Corcelles, elle sera enterrée et ne nécessitera pas d’expropriation, mais l’établissement de servitudes permettant l’utilisation du sous-sol de certaines parcelles privées. Dans le cas de Corcelles, les concepteurs du projet se sont attachés à éviter d’hypothéquer des développements futurs de la localité en prévoyant suffisamment d’espace en plusieurs points névralgiques.
Notons encore que quatre ponts seront démolis et reconstruits et qu’un nouveau pont verra également le jour. Les travaux seront délicats en plusieurs points, notamment lorsqu’ils longeront la voie CFF. Pour terminer, signalons que le déversoir de l’Arbogne dans le futur canal est l’objet d’une modélisation auprès d’une école polytechnique fédérale afin de s’assurer d’une prise d’eau adéquate.

Danièle Pittet