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Valérie Piller Carrard tisse sa toile dans la Berne fédérale

Rémy Gilliand - édition du 1er novembre 2012


Il y a tout juste une année Valérie Piller Carrard créait la surprise en accédant au Conseil national. Députée à 23 ans, puis conseillère communale à Gletterens, la socialiste broyarde, âgée alors de 33 ans, a surpris tout le monde en offrant ainsi à la Broye une succession à Thérèse Meyer qui quittait la Coupole après quatre mandats.
Une année plus tard, la jeune conseillère nationale a pris ses marques à Berne, même si sa nouvelle fonction lui a réservé aussi quelques surprises et de surprenantes rencontres. L’occasion de quelques questions.

- Comment s’est déroulée votre arrivée au Conseil national?
- C’est très prenant lorsque l’on arrive devant le Parlement et que l’on pénètre dans le Palais fédéral. Se dire que l’on fait partie des 246 personnes à siéger ici, à décider pour le pays, c’est très émouvant. C’est une chance unique que je vis. Et là, je me suis souvenue que lorsque j’étais au CO de Domdidier, nous avions suivi l’élection de Ruth Dreyfuss au Conseil fédéral. J’étais passionnée par le civisme.
L’arrivée au Conseil national, c’est un peu comme un nouveau job. On débarque dans un groupe (socialiste) d’une cinquantaine de personnes et forcément, on ne connaît pas tout le monde. On doit apprendre comment tout cela fonctionne, car j’arrive à Berne sans véritable réseau. Pour ça, je bénéficie du soutien de la conseillère nationale Maria Roth-Bernasconi qui est ma marraine au Parlement. C’est très précieux. Mais durant les deux premières sessions j’ai observé afin de comprendre tout ceci.

- Vous n’êtes donc pas déçue?
- Bien au contraire, mais c’est tout de même assez surprenant de voir le remue-ménage qui règne lors des sessions. Il y a les allées et venues, les députés qui téléphonent pendant les séances. Il y a aussi la pression des lobbyistes, c’était très impressionnant lors des débats sur la politique agricole. On apprend vite que l’essentiel du travail se déroule dans les commissions, le plénum ce n’est que pour rapporter en quelque sorte. C’est aussi totalement différent du Grand Conseil fribourgeois. A Berne, tout est protocolé et cela ne laisse pas beaucoup de place à la spontanéité. Mais c’est comme ça.

- Avec une forte majorité d’interventions en allemand?
- Je ne suis pas bilingue, je comprends bien l’allemand, mais les contacts sont quand même plus difficiles. Pour y remédier je prends des cours à Berne. Mais dans l’ensemble cela se passe bien.

- Siégez-vous dans des commissions?
- Comme nouvelle arrivante, j’ai rejoint la commission des grâces et aussi la commission de gestion. C’est vrai que cela offre peu de visibilité, mais cela donne une bonne vision d’ensemble au niveau fédéral.

- Dès votre arrivée, il y a eu l’élection du Conseil fédéral. Un privilège?
- Enormément d’émotions, ce d’autant que le Fribourgeois Alain Berset a été élu. Je le connais très bien en tant que collègue de parti. C’était la totale!

- Il y a aussi de belles rencontres dans l’hémicycle?
- Surtout quand vous avez en face de vous la Birmane Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix, en juin dernier. C’est très fort et jamais je n’aurais pensé la rencontrer.
Il y a eu aussi le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon. Si j’avais un souhait, ce serait celui d’approcher Barack Obama. Qui sait, un jour peut-être?

- Avez-vous des modèles au sein du Parlement?
- Non, pas vraiment. Certains orateurs sont tout simplement excellents. Je suis très impressionnée par Eveline Widmer-Schlumpf et sa maîtrise des dossiers. Même si je ne suis pas toujours d’accord avec elle.

- Quels sont vos buts pour les prochaines sessions?
- Mon fer de lance, c’est la politique familiale. J’ai d’ailleurs déposé une motion pour un temps réservé aux pères. Cette dernière a été refusée par le Conseil fédéral, mais nous allons en reparler. Je trouve qu’il est important que les pères aient aussi quelque chose, surtout à l’arrivée d’un second enfant.
Je suis aussi en train de préparer une initiative parlementaire pour un programme national de dépistage du cancer du sein. La prévention du suicide chez les jeunes est aussi l’un de mes nombreux sujets de préoccupation. Et puis je dois aussi agrandir mon réseau de connaissances à Berne. C’est indispensable.
Au cours de cette année, j’ai aussi appris qu’il fallait être patient avec les dossiers. Cela peut prendre plusieurs années parfois. C’est le côté négatif du fédéralisme. Mais autrement, nous avons la plus belle démocratie du monde.

- Comment conciliez-vous vie de famille et votre mandat à Berne?
- Les sessions ne durent que trois semaines, avec des pauses entre deux. Elles débutent à 8 heures et se terminent parfois fort tard. Mais j’ai décidé de faire les trajets tous les jours, pour quand même voir un maximum mes deux enfants (3 ans et 15 mois), c’est très important pour eux. J’ai la chance d’avoir mon mari qui m’assiste dans cette tâche.
Pour cette première année à Berne, il a fallu concilier aussi les nombreuses invitations qui arrivaient. Malheureusement, je ne peux pas répondre à toutes pour le moment.

Propos recueillis par Rémy Gilliand

 
 

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